Les transitions, pourquoi les chasser

Les transitions, pourquoi les chasser

Que ce soit pour la chasse de l’orignal ou celle du cerf de Virginie, chasser en bordure des transitions peut rapporter gros. Les chevreuils et les orignaux sont des proies. Ces deux gros gibiers sont des herbivores et peu importe où ils évoluent, ils ont toujours les mêmes besoins; manger, ruminer et se reposer. Pour manger, ils doivent visiter des secteurs où les feuilles d’arbres, arbustes et plantes sont abondantes. Mais souvent ces sites nourriciers ne sont pas parfaits comme sites de repos.

Pour se coucher, ils ont besoin d’un couvert plus dense, ombragé et leur assurant la tranquillité. Ils ont aussi besoin que l’air y circule bien afin de sentir l’arrivée potentielle de prédateurs. Les orignaux et les chevreuils sont aussi en quelque sorte des compteurs de dépenses calorifiques. Ce qu’un chevreuil ou un orignal recherche avant tout, c’est d’engraisser le plus possible afin de survivre à la prochaine disette hivernale. Pour ce faire, ils choisissent donc des combinaisons de sites nourriciers voisines des sites de repos les plus productives en termes de nourriture et de sécurité de couvert.

Prenons l’exemple d’un orignal ou d’un chevreuil qui vit en forêt loin des régions agricoles. Si une parcelle de forêt de feuillus est très généreuse en termes de plants en sous-étage, elle est un site nourricier. Par contre, si cette parcelle est relativement homogène sur toute sa superficie, il y aura des traces de passage un peu partout sans concentration réelle de passage en un point précis. Il peut être très frustrant d’y attendre son gibier, car il n’y passe qu’occasionnellement. Par contre, si vous vous rendez à la fin de cette parcelle et que celle-ci borne maintenant un autre type de couvert comme une forêt mixte par exemple, c’est à cet endroit que vous vous retrouvez dans une transition.

Les chevreuils et les orignaux préfèrent longer les transitions lors de leurs grands déplacements. Ils aiment longer la parcelle riche en nourriture en gardant à l’œil le couvert plus dense. Si l’envie de manger se fait sentir, ils entrent de quelques mètres dans la parcelle nourricière. Si l’envie d’aller se cacher pour dormir et ruminer est la priorité du moment, ils pénètrent dans le couvert plus dense. Si un loup ou une meute de coyotes passent dans le secteur, le chevreuil pourra aller se cacher et laisser passer le danger. Si les prédateurs traînent trop longtemps dans le secteur, les chevreuils ou les orignaux s’enfuiront en douceur. Si les prédateurs lui courent après, il pourra se sauver à grande course en se faufilant dans tous les sens dans le couvert plus dense. Si la poursuite est trop longue, il pourra s’enfuir à grande vitesse dans l’environnement plus dégagé.

Un dernier facteur influence les chevreuils et les orignaux à longer les transitions, c’est la variété de nourriture disponible des deux côtés. L’entrée de lumière au sol est différente d’un côté à l’autre. Cela influence la nature à produire des sources de nourritures différentes à proximité les unes des autres.

En tout temps, ne perdez jamais de vue que les chevreuils et les orignaux recherchent les habitats avec une grande diversité nutritionnelle et de couvert. Donc du moment où vous êtes en présence d’une transition simple, double ou triple, vous avez déjà de fortes chances que l’habitat y soit plus propice qu’au centre d’une parcelle homogène.

Dans ma prochaine chronique, je vous entretiendrai sur les trois types de transitions; double, triple et de relief.

 

 

Par: Charles Dorris

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